MISE EN SCENE

L'intime & le Théâtral

Comment traduire l’intime théâtralement ?

 

Dans une société qui est de plus en plus une société du Je Je Je… comment faire passer cette chose qui est l’intime sous une forme théâtrale ?

Ce qui est intime, c’est un moment saisi, suspendu de la relation à l’autre, ce moment où chacun essaye d’échapper à sa propre définition – une "identité" affirmée qui est finalement une marque de non-existence. Il ne va pas non plus trouver chez l’autre quelqu’un qui existerait, cela serait absurde. C’est dans la relation, dans l’acte de relation qu’il se passe quelque chose. L’autre et moi sommes comme deux escrocs qui tenteraient d’entrer en relation. C’est dans ce mouvement entre nous deux, au-delà de ce que nous sommes, que quelque chose se manifeste qui est peut-être de l’ordre de l’intime. C’est dans un même temps une reconnaissance et une transgression. Malheureusement, très vite nos relents d’identité reviennent à la surface, et nous nous y accrochons, laissant s’éloigner ce qui faisait l’intime.

Ce sont ces moments que je veux provoquer chez les acteurs – dans la relation aussi qu’ils ont à eux-mêmes, à eux acteurs ou à leurs personnages. Ce sont ces moments que j’ai envie de provoquer dans mes mises en scènes. Le reste semble mort ou triché. L’intime a besoin d’une cible pour reprendre le mot de Donnellan.

L’intime est un mouvement, un dévoilement de quelque chose qui n’a pas de visage, pas d’image fixe.

 

Ephémère et vivant comme le spectacle.

 

Rituel (s)

Le rituel clinique de la vie de couple.

Le rituel déroutant d'un jeu sexuel ambigu.

le plaisir du jeu.

L'emballement du jeu.

La lutte pour faire valoir son désir.

La recherche d'une forme de respect dans la soumission.

La déchirure du rideau des convenances.

La lutte féroce du dominant pour garder intacts ses privilèges.

 

La renaissance d'un pacte de plaisir.

 

Le Jeu

Le clinique, le ludique et le charnel

 

Faire coexister deux termes antagonistescharnel et clinique.

De la même manière que les personnages tentent de survivre à leurs contradictions, la mise en scène trouvera un chemin rendant compte de ces deux facettes de leurs existences. Des facettes si opposées qu'il semble étrange que leur relation charnelle puisse survivre au sein d'un univers si répétitif.

Ce chemin passe par un troisième terme : le Jeu.

 

C'est par le jeu que les personnages s'échappent et se retrouvent. C'est dans le Jeu que réside leur espoir et leur vitalité. C'est dans cette dimension ludique du plateau et de la relation des acteurs que l'univers clinique peut garder un espace de vitalité, une brèche dans laquelle la Chair s'engouffrera quand viendra le temps du désir et du sexe.

 

Le plateau est d'abord plateau de Jeu, plateau de transformation, palettes d'ambiances possibles.

 

Et les acteurs jouent comme leurs personnages.

 

"Jouer à... " est la solution.

Jeu de Rôles

Théâtre dans le théâtre

Suivant ce que Sarah et Richard choisissent de porter, ils sont tour à tour l'Amant, le Mari, la Maîtresse, la Prostituée ou le Gardien coincé du parc... Jeux d'enfants qui se déguisent pour jouer. Jeux d'acteurs devant les spectateurs.

Tout costume est rangé dans le placard.